Je peux m'informer sur le psoriasis: le blog

La Docteur Valérie Failla est dermatologue à la Clinique André Renard à Herstal. Ses patients viennent de tout le pays grâce à sa réputation dans le traitement du psoriasis. Elle insiste sur la nécessité d'un dialogue très ouvert et sans tabous : « Trop de patients s'enferment dans leur maladie. Pourtant, de nouvelles solutions existent mais sont mal connues ».

Pour la spécialiste, le psoriasis reste une maladie incomprise alors qu’environ 1 à 9% de la population en souffre. Une rupture amoureuse, la perte d'un emploi, un divorce houleux suffisent à déclencher une poussée de la maladie. « Parfois, les patients n'osent pas aborder les conséquences de leur maladie sur leur vie sociale ou professionnelle, même chez le spécialiste. Ils craignent d’être stigmatisés. C'est d'autant plus dommage qu'il existe aujourd'hui des traitements qui pourraient sans doute les soulager »

Casser les tabous dès l’examen clinique

La Docteur Failla pratique une forme originale d’examen clinique : « Je demande aux patients si je peux les examiner entièrement, de la tête aux pieds. Certains sont très pudiques, mais cet examen est primordial pour éviter les tabous. Cela permet de repérer des plaques que le patient n’ose pas mentionner, ou confond avec une mycose, par exemple. »

>> Le psoriasis peut affecter des zones du corps comme les ongles, le visage, le cuir chevelu, les paumes et la plante des pieds, ou encore les zones génitales..

Pour en savoir plus à ce sujet, consultez notre article « Ces zones du corps que le psoriasis n’épargne pas »

Pour celui qui développe du psoriasis au niveau du cuir chevelu, aller simplement chez le coiffeur est une véritable épreuve. Le coiffeur peut redouter, à tort, une maladie contagieuse. « C'est ainsi que, petit à petit, ces patients risquent de négliger une partie de leur santé par gêne d'exposer quelque chose qui leur paraît dégoûtant. C’est pour cette raison que l’examen de tout le corps est capital pour dévoiler l’ampleur souvent cachée de la maladie et ainsi orienter le patient vers le traitement le plus adapté. » 

Lever le voile sur la vie sociale, affective et sexuelle

« Parfois, un psoriasis peut paraître comme négligeable car seule une petite surface de la peau est atteinte. Mais cela peut avoir un impact très important pour le patient. Par exemple si on pratique la danse, on met ses pieds à nu et on craint la stigmatisation. Les autres personnes, mal informées, peuvent croire qu'il s'agit d'un manque d'hygiène et que c'est contagieux. Même chose pour la natation. C’est un sport que les patients atteints de psoriasis évitent ».

Un patient qui se sent mal dans son corps ne se sentira pas non plus à l’aise dans sa vie sexuelle et affective.

Certains développent ce qu'on appelle la « langue géographique ». Celle - ci se caractérise par des lésions de la langue, présentant un aspect de carte de géographie. « J'ai une jeune patiente qui me disait qu'elle n'osait pas embrasser un garçon à cause de sa langue toute fissurée, continue le Dr. Failla. « La maladie peut donc avoir un impact que l'on ne soupçonne pas en consultation si on n'ose pas aller au-delà des tabous. Il faut donc établir une franchise et une confiance totales entre le patient et le médecin ».

J'ai une jeune patiente qui me disait qu'elle n'osait pas embrasser les garçons parce qu'avec sa langue toute fissurée, elle n'osait pas avoir un petit copain, continue le Dr. Failla. La maladie peut donc avoir un impact que l'on ne soupçonne pas en consultation si on n'ose pas aller au-delà des tabous. Il faut donc établir une franchise totale entre le patient et le médecin.

Répondre aux préjugés en matière de traitements

« De manière générale, un dermatologue va soigner 60% des personnes atteintes de psoriasis modérés à sévères. Les autres vont simplement consulter leur médecin traitant, pensant à tort qu’il n'y a pas de solution à leur problème. Tout cela est d'autant plus dommage qu'il existe aujourd'hui des traitements qui peuvent soulager la plupart des patients. Mais l’on peut comprendre que pour un généraliste, ou même pour un dermatologue non spécialisé en psoriasis, il est très difficile de suivre le rythme important des innovations récentes : en cinq ans, six nouveaux traitements biologiques sont sortis ! »

 « Nous voyons des patients qui vont rester sous dermocorticoïdes ou PUVA-thérapie (photothérapie) pendant des années alors qu'ils n’en sont pas satisfaits. Ils ne veulent pas passer aux thérapies systémiques parce qu'ils ont lu des articles sur internet qui les ont effrayés, à tort. Par exemple, avant d’accéder aux traitements biologiques, le patient devra d’abord tester le méthotrexate. Beaucoup l’associent à la chimiothérapie : certes, ce traitement est utilisé dans le traitement du cancer, mais ce n’est pas pour autant de la chimiothérapie. Et s’il y a des contre-indications, nous envisageons d’autres solutions. »

Comment briser les tabous ?

« Les patients qui ne sont pas satisfaits de leur traitement, doivent s’adresser à un dermatologue spécialisé dans cette pathologie. Les possibilités thérapeutiques ont énormément augmenté. Il ne faut pas se laisser enfermer dans une maladie qui peut actuellement vraiment bien être soignée. Plus de 80% de mes patients sont blanchis sous traitement. C'était simplement impensable il y a 15 ans. »

« Le patient peut s’informer sur la maladie et les options de traitement via des sites fiables comme www.jepeux.be, ou auprès d’associations de patients comme Pso Contact . Une fois plus informé, il prendra le pouvoir sur sa maladie et pourra alors aborder ces sujets avec son dermatologue de manière éclairée. Il posera ainsi les bonnes questions, donnera les bonnes informations sur sa condition, sur ses objectifs de traitement, et sera en mesure de bien peser le pour et le contre des options thérapeutiques proposées par son dermatologue. »

« C’est pour ça qu’un outil comme le guide de discussion est vraiment précieux pour aider le patient à préparer sa consultation avec les bonnes informations et les bonnes questions. »

 

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Références:
1. Griffiths CEM, van der Walt JM, Ashcroft DM, Flohr C, Naldi L, Nijsten T, Augustin M. The global state of psoriasis disease epidemiology: a workshop report. Br J Dermatol. 2017;177(1):e4-e7.

AbbVie sa/nv - BE-IMMD-210008 (v. 1.0) - March 2021

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