Je peux m'informer sur le psoriasis: le blog

Le psoriasis, quand il est trop visible ou au contraire caché dans l'intimité, peut être difficile à vivre pour le patient, et souvent difficile à traiter avec les médicaments traditionnels. Des traitements innovants aident aujourd'hui à surmonter ces obstacles.

Notre peau est un formidable organe qui nous protège notamment contre les toxines, les bactéries et la perte de fluides. C'est l'organe le plus étendu et le plus lourd du corps humain1. Mais il arrive que les défenses de cet organe contre les agressions extérieures se multiplient sans raison objective. C'est le cas dans le psoriasis, une maladie caractérisée par une production accrue de protéines inflammatoires qui provoquent une hyperkératose, c'est-à-dire une production exagérée de peau, un peu comme la seconde peau d'un serpent.2 Ces productions se développent le plus souvent sur les coudes, les genoux, le cuir chevelu, l'ombilic et les régions lombaires, et sont généralement caractérisées par des plaques érythémateuses couvertes d'écailles blanc argenté. 3

Mais le psoriasis peut aussi survenir sur les ongles (dans 23 à 27% des cas), le visage (49%), le cuir chevelu (45-56%), les paumes et la plante des pieds (12 à 16%) ou les régions des plis de la peau (21 à 30%). On parle alors de psoriasis unguéal, de psoriasis du visage, de psoriasis du cuir chevelu, de psoriasis palmo-plantaire, ou encore de psoriasis génital ou interfessier. Et la prise en charge du psoriasis dans ces zones peut être difficile. 4

Une petite plaque, de grands effets

Pour le docteur Tom Hillary, dermatologue à la KULeuven, « la qualité de vie des patients atteints de psoriasis sur des zones davantage intimes du corps peut être affectée de manière disproportionnée par rapport à la zone touchée. Les scores cliniques employés généralement par les dermatologues pour évaluer la sévérité de la maladie se basent essentiellement sur la surface des zones atteintes, éventuellement modulée par l'intensité des symptômes subis. Mais il est beaucoup plus rare que l'on prenne en considération l'effet spécifique de la localisation des plaques ».

Pourtant, avoir du psoriasis sur les mains, même s'il s'agit d'une plaque qui n'est pas énorme, peut entraîner des conséquences sociales lourdes. Un certain nombre de métiers, comme ceux de l'horeca, seront par nature quasi interdits au patient, parce que, bien que ces plaques soient absolument non contagieuses, elles feront apparaître le patient comme malade ou malpropre. Lorsque les paumes sont atteintes, la simple ouverture d’un pot peut devenir difficile. Le psoriasis des ongles ou des mains peut aussi entraîner une augmentation du fardeau financier en raison de la productivité réduite due à la maladie.5

Evoquons également le psoriasis génital, qui affecte la vie sexuelle du patient ; ou encore la présence de lésions dans des zones très visibles, ce qui peut affecter l'estime de soi d'un patient.

Une évaluation qui ne tient compte que de la surface de peau impactée ne rend donc pas compte correctement de la perte de qualité de vie du patient. « L'utilisation de systèmes de mesure de la gravité du psoriasis, tels que le Psoriasis Area Severity Index (PASI) et le Physician's Global Assessment (PGA), ne capturera pas l'impact important de la maladie dans ces régions très visibles car ils ne prennent pas la localisation des plaques en compte et n'intègrent pas de mesures de qualité de vie », explique le docteur Hillary. « Or, ces aspects doivent entrer en compte pour que le patient reçoive le traitement le plus adapté et le plus approprié ».

« C'est pour cela que l'utilisation de questionnaires comme le DLQI doit être recommandée pour le suivi du psoriasis. Le Dermatology Life Quality Index (DLQI) ou l'indice de qualité de vie en dermatologie est un questionnaire en dix questions, utilisé pour mesurer l'impact des maladies de la peau sur la qualité de vie d'une personne affectée ».6

Heureusement, les temps changent et de plus en plus de spécialistes utilisent d'autres échelles d'évaluation qui mesurent spécifiquement l'impact de la maladie dans ces domaines tels que l’indice de gravité du psoriasis des ongles (NAPSI) et le PASI modifié par le cuir chevelu (S-mPASI).7 Ne pas comprendre l’impact du psoriasis dans ces zones difficiles, peut entraîner un sous-traitement.8 « Il est important que les médecins tiennent compte de la nature débilitante du psoriasis du cuir chevelu, du visage, des ongles, des organes génitaux, des régions de pli de la peau, comme le pli interfessier ou le scrotum. Les patients peuvent être réticents à discuter de la maladie affectant ces régions, sauf demande spécifique. Il faut créer un contexte qui leur permette d'aborder ces sujets sans réticence et sans honte », explique le docteur Hillary. « Sans cela, on s'expose au risque de la perte de courage du patient qui ne voit pas de progrès et qui n'aborde pas les vraies questions ».

A zones difficiles, traitement adéquat

Mais une meilleure évaluation et compréhension du patient, seule, ne mène pas nécessairement à un énorme pas en avant. Encore faut-il trouver le traitement adéquat. Les crèmes, pommades, lotions ou gel à base de cortisone peuvent être difficiles à appliquer dans certaines zones qui sont soit inaccessibles (dans le cas du psoriasis unguéal, ou psoriasis des ongles), soit trop sensibles (comme dans le cas du parties génitales), ou encore trop visibles (psoriasis du cuir chevelu).

Mais certains traitements systémiques ne sont pas nécessairement plus adéquats : comme ces zones sont parfois plus résistantes, elles demandent de plus grandes concentrations de médicaments. Dans ces cas, la toxicité – c’est-à-dire de plus grands risques d’effets secondaires – peut alors devenir une préoccupation majeure.9

 « Heureusement, les progrès récents des traitements systémiques peuvent bénéficier aux patients pour lesquels les approches topiques posent problème. De nouveaux agents peuvent offrir une plus grande efficacité dans la gestion du psoriasis de la tête, des flexions et des extrémités, en particulier par rapport aux agents systémiques traditionnels qui ont une distribution limitée dans certaines zones. » 

« Ces nouveaux agents biologiques ciblent plus spécifiquement les cytokines directement responsables du psoriasis et peuvent ainsi éliminer les lésions psoriasiques plus rapidement et plus complètement. On songe notamment aux nouvelles thérapies visant le blocage de l'IL-17 ou IL-23, qui montrent une forte efficacité et un bon profil de sécurité », continue le spécialiste.

Celui-ci déplore toutefois que ces traitements ne soient pas disponibles pour tous les patients, à cause de critères de remboursement notamment basés sur la superficie des plaques et non sur leur localisation. Enfin, l’accès à ces traitements n’est possible qu’après l’échec d’autre solutions : « Cela suppose une longue attente si tous ces traitements échouent et on aimerait pouvoir donner un médicament innovant plus tôt chez certains patients chez qui notre expertise nous permet de deviner que ce sera nécessaire sans attendre », estime le docteur Tom Hillary.

Pour conclure, le Docteur Hillary appelle à un meilleur dialogue entre patients et spécialistes dermatologues, afin d'éviter que la maladie ne s'abrite dans les tabous et les non-dits. « Une petite plaque récalcitrante mal placée peut avoir un grand impact sur la qualité de vie du patient. C’est pourquoi atteindre une peau complètement nette, peut en fait faire toute la différence chez certains patients. Un dialogue ouvert entre le patient et le docteur, est pour cela essentiel ».

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Références

[1] Weller R, Hunter J, Savin J, et al. The function and structure of the skin. In: Sugden M, Blundell R, eds. Clinical Derma-tology. 4th ed. Malden, MA: Blackwell Publishing, Inc.; 2008:19-42.

[2] Lowes MA, Suárez-Fariñas M, Krueger JG. Immunology of psoriasis. Annu Rev Immunol. 2014;32:227-55.

[3] Schön MP, Boehncke WH. Psoriasis. N Engl J Med. 2005;352(18):1899-912.

[4] Merola JF, Qureshi A, Husni ME. Underdiagnosed and undertreated psoriasis: Nuances of treating psoriasis affecting the scalp, face, intertriginous areas, genitals, hands, feet, and nails. Dermatol Ther. 2018;31(3):e12589.

[5] Augustin M, Reich K, Blome C, Schäfer I, Laass A, Radtke MA. Nail psoriasis in Germany: epidemiology and burden of disease. Br J Dermatol. 2010;163(3):580-5.

[6] Finlay AY, Khan GK. Dermatology Life Quality Index (DLQI)--a simple practical measure for routine clinical use. Clin Exp Dermatol. 1994;19(3):210-6.

[7] Wozel G, Klein E, Mrowietz U, Reich K, Sebastian M, Streit V. Scalp psoriasis. J Dtsch Dermatol Ges. 2011 Jan;9(1):70-4. English, German. Erratum in: J Dtsch Dermatol Ges. 2011 Oct;9(10):872.

[8] Dopytalska K, Sobolewski P, Błaszczak A, Szymańska E, Walecka I. Psoriasis in special localizations. Reumatologia. 2018;56(6):392-398. 

[9] Grine L, de la Brassinne M, Ghislain PD, Hillary T, Lambert J, Segaert S, Willaert F; Belgian Psoriasis T2T Specialist Group, Lambert J. A Belgian consensus on the definition of a treat-to-target outcome set in psoriasis management. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2020 Apr;34(4):676-684.

 

AbbVie sa/nv - BE-IMMD-210001 (v.2.0) – March 2021

 

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